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PHILOMENE TIA GLAO

Présidente fondatrice du Groupe Maindeba

PHILOMENE TIA GLAO

Présidente fondatrice du Groupe Maindeba

ELLE TRANSFORME LA PAUVRETE EN PUISSANCE ECONOMIQUE

L’IMPRESSIONNANT PARCOURS D’UNE BATTANTE

PARTIE DE L’EXTREME PRECARITE, MARIEE DE FORCE TRES JEUNE ET CONFRONTEE A LA GUERRE COMME A LA PERTE TOTALE DE SES BIENS, PHILOMENE TIA GLAO A BATI SEULE UN EMPIRE ECONOMIQUE MULTISECTORIEL EN COTE D’IVOIRE.

Commerçante, transporteur, éleveuse et cheffe d’entreprise, elle incarne l’une des trajectoires de résilience les plus impressionnantes de l’entrepreneuriat africain contemporain. Partie de l’extrême précarité, mariée de force très jeune et confrontée à la guerre comme à la perte totale de ses biens, Philomène Tia Glao a bâti seule un empire économique multisectoriel en Côte d’Ivoire.

                  Une trajectoire de survie

On ne raconte pas le parcours de Philomène Tia Glao comme une success story ordinaire. On le lit comme une trajectoire de survie devenue puissance économique. Une ascension arrachée à la pauvreté, à l’isolement et aux violences sociales, jusqu’à la construction d’un empire entrepreneurial qui emploie aujourd’hui des centaines de personnes.

Née dans une famille de 42 enfants, dans une région rurale de l’ouest ivoirien, elle grandit dans un environnement marqué par la précarité extrême et l’absence de scolarisation. Très tôt, elle comprend que l’enfance ne sera pas un espace protégé. À 9 ans, elle vend déjà des produits vivriers et des friandises pour soutenir sa mère, dans un foyer fragilisé par les tensions familiales et les injustices.

Son destin bascule brutalement lorsqu’elle est mariée de force à l’adolescence à un homme polygame, beaucoup plus âgé. Une épreuve qu’elle subit, mais qui ne la fige pas. Au contraire, c’est dans cet espace contraint qu’elle commence à construire ses premières stratégies économiques.

Point de départ

Avec un hectare de terre arraché à l’adversité, elle se lance dans la culture de l’arachide. Sans moyens, sans soutien, elle travaille seule, apprend, persévère et finit par transformer une récolte modeste en premier capital de 350 000 FCFA. Cet argent, qu’elle cache précieusement, devient le point de départ d’un parcours d’accumulation méthodique.

Très vite, elle comprend une règle essentielle : réinvestir pour survivre, puis pour grandir. Elle développe un petit commerce de poisson à la frontière ivoirienne et guinéenne, devient progressivement un point d’approvisionnement régional, puis franchit une étape décisive : l’élevage bovin. Partie de 25 têtes, elle construit un cheptel qui atteindra plusieurs milliers de bovins au fil des années.

Mais la trajectoire est loin d’être linéaire. La crise de 2002 et la rébellion dans l’ouest du pays lui font tout perdre. Son troupeau est décimé. Elle fuit en Guinée. À son retour, elle ne retrouve que des fragments de son ancienne vie économique.

La capacité à rebondir

C’est pourtant dans cette chute qu’elle révèle sa plus grande force : la capacité à repartir de zéro.

À Man, sans capital, elle recommence au plus bas. Elle ramasse des bouteilles dans les caniveaux pour survivre, les revend, épargne, puis relance progressivement une activité de distribution de boissons. De là, elle rebondit vers le commerce structuré, puis vers l’investissement. C’est ainsi que naît le groupe Maindeba, devenu aujourd’hui un conglomérat actif dans le transport, l’hôtellerie, l’agriculture, la distribution, l’élevage et l’immobilier. Dans le transport, elle crée une flotte importante d’autocars et développe une entreprise qui emploie plusieurs centaines de personnes.

Dans l’agriculture, elle devient l’une des grandes exploitantes de l’ouest ivoirien avec des hectares de cacao, d’hévéa, de palmier et de cultures vivrières. Dans l’élevage, elle reconstitue et dépasse largement son ancien cheptel.

Une réussite, avec la main sur le cœur

Au-delà de la performance économique, Philomène Tia Glao s’impose aussi comme une actrice sociale. Présidente de la coopérative SCOOP-PAVIT, elle structure l’activité de milliers de femmes rurales et soutient leur autonomisation. Elle finance des infrastructures communautaires, accompagne des projets religieux et investit dans le développement local.

Son parcours est jalonné de reconnaissances nationales et internationales, dont le Prix d’excellence du meilleur promoteur de l’intégration africaine et une distinction au plus haut niveau de l’État ivoirien. Elle est également invitée dans des espaces internationaux où son histoire est présentée comme un exemple de résilience africaine.

                   L’école de la patience

Mais au-delà des chiffres, des entreprises et des distinctions, son message reste simple : la patience, le travail et la capacité à recommencer peuvent transformer une vie.

Philomène Tia Glao ne se présente pas comme une exception. Elle se présente comme une preuve. La preuve qu’une trajectoire brisée peut devenir un modèle de puissance économique. La preuve qu’une vie née dans la contrainte peut produire de la liberté. Et la preuve qu’en Afrique, certaines réussites ne s’expliquent pas seulement par les opportunités, mais par une volonté inébranlable de survivre… puis de bâtir.