LES ICONES DE LA GOUVERNANCE
MAFERIMA
DIARRASSOUBA
Présidente du Conseil
d’Administration de la Société Nationale de gestion
du Patrimoine Immobilier de
l’Etat ivoirien (SONAPIE).
GARDIENNE DU PATRIMOINE IMMOBILIER DE SON PAYS
Diplômée
de l’université de Floride, Master en économie, ex-cadre du BNETD (ex-DCGTX),
elle est la Présidente du Conseil d’Administration de
la Société nationale de gestion du patrimoine de l’Etat ivoirien, SONAPIE.
Le
chemin des études économiques mène sans aucun doute à tout, mais pas à
n’importe quel tout. Maférima Diarrassouba gère, ici et partout dans le monde,
le patrimoine immobilier de l’Etat de Côte d’Ivoire. Cette tâche d’ici et
au-delà de la lagune n’est pas au-dessus des capacités de cette femme qui s’est
formatée en relevant bien des défis dans ses différentes fonctions. Comment
s’en étonner d’ailleurs ?
Maîtrise
en sciences-éco, Master obtenu à l’université de Floride, elle fourbit ses
armes pour un temps, de retour au pays en 1988, d’abord au Bureau national
d’études techniques et de développement (BNETD). Neuf ans. Le temps d’un
accouchement, le temps de se frotter au monde du travail, d’ « apprendre
à lier le bois au bois », c’est-à-dire d’appliquer, loin des théories
d’école, ce qu’elle avait si bien assimilée. Ne lui restait donc que
l’expérience pratique du monde du travail et de la gestion des relations au
travail.
Les
armes en mains
Au
bout de neuf ans donc, les armes en mains, elle part pour une autre aventure,
un combat pour le développement où chacun, à son niveau, doit prendre part
au développement de la Côte d’Ivoire en traçant sa propre voie, tel un
sacerdoce.
Directrice générale
adjointe au Water Utility ¨Partnership (WUP),
Programme de la Banque mondiale, elle a pour mandat d’aider, de soutenir et d’encadrer
les compétences des entreprises d’approvisionnement en eau et assainissement intervenant
sur le continent africain. Mais la crise militaro-politique que vit notre pays
en 2003 rebat les cartes et oblige le Programme à déposer ses bagages à Dakar,
au Sénégal. Ce sera sans elle. Mais comment rebondir pour celle qui, en bonne
patriote, a décidé de rester au pays ?
L’aventure heureuse
Elle a de l’intelligence à
revendre. De l’expérience aussi. Quand on a ce capital précieux, doublé de la
faim de faire, n’est-ce pas que tout vient à qui sait frapper à la bonne
porte ? Rebondir ailleurs. Elle devient alors Consultante pour les
questions minières et énergétiques.
D’une expérience de six ans sur
les questions minières et énergétiques, c’est par le biais d’une nomination qu’elle
intègre, sous la casquette de Directrice générale adjointe, la Société des
palaces de Cocody (SPDC) - qui deviendra, en février 2022, la Société Nationale
de Gestion du Patrimoine Immobilier de l'Etat (SONAPIE) - pour en devenir, deux
années plus tard, en 2024, la Directrice générale. Sa feuille de route :
gérer le patrimoine immobilier de l’Etat de Côte d’Ivoire ; développer des
réceptifs hôteliers et sites touristiques. Dans ce vaste patrimoine, figure le prestigieux,
l’emblématique Hôtel Ivoire né de la volonté du père de l’indépendance, Félix
Houphouët Boigny en 1963. Il est devenu depuis 2012, Sofitel Hôtel Ivoire.
Avec faste
Fierté de tout un peuple, c’est
sous elle, que fut célébré, avec faste, le 07 mai 2024 le soixantenaire de ce
mythique établissement, en présence de la marraine de la cérémonie, la Première
dame, Dominique Ouattara, ainsi que plusieurs dignitaires. Ce jour-là, de grand bonheur, elle lui fit l’honneur
de dédicacer son premier ouvrage « Au
cœur du joyau architectural : 60 ans de l’Hôtel Ivoire racontés ».
Celle qui est devenue, depuis le 01 août 2024, la Présidente du Conseil d’Administration
de la SONAPIE, y raconte les raisons qui ont milité à la naissance de cet
ouvrage de référence : « Produire ce
livre est venue de mon désir de célébrer et de préserver l’héritage emblématique
de l’Hôtel Ivoire, un symbole national. Ayant été témoin de nombreuses
transformations de l’hôtel, depuis ma prise de fonction, j’ai senti qu’il était
important de documenter son histoire et de mettre en lumière son rôle dans le
développement socio-économique de notre pays ». Mieux, elle y
décline « ses objectifs prioritaires
(incluant) la modernisation et la valorisation du patrimoine immobilier de
l’Etat, l’amélioration de la transparence et de l’efficacité dans la gestion
des biens publics et la promotion du tourisme en Côte d’Ivoire. Nous visons
également à attirer des investisseurs étrangers, créer des opportunités
d’emplois pour les Ivoiriens et à apporter des innovations au patrimoine de
l’Etat, à l’ère de la digitalisation. »
Née à Grand-Bassam,
ville balnéaire inscrite au Patrimoine culturel de l’Organisation des Nations
Unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO) depuis 2012, première
capitale de la Côte d’Ivoire, Maférima Diarassouba reste une grande défenseuse
du développement qui, selon elle, doit être l’affaire de tous : « Le développement doit être le combat de
tous. Mon intérêt pour l’économie a été éveillé par la reconnaissance de son
importance cruciale dans la prise de décision et la gestion des ressources.
J’ai toujours été fascinée par la façon dont les politiques économiques peuvent
influencer le développement et le bien-être des populations. L’économie offre
également un cadre analytique puissant pour comprendre et résoudre les problèmes
complexes auxquels nos sociétés sont confrontées. Les programmes de
développement sont essentiels pour améliorer les conditions de vie et créer des
opportunités pour tous. »
De la pierre à l’édifice
Pour cette
économiste, il est nécessaire, primordial même que chaque citoyen, quels que
soient son niveau d’études, sa classe sociale, son domaine de compétence, son
parcours, célèbre ou anonyme, se lève, s’investisse pour prendre sa part au
développement de son pays. Son credo : « Ne laisser personne sur le bas-côté de la route. Donner la possibilité
à toutes les compétences de s’exprimer, de se faire valoir ainsi doit être
l’essence, le socle, la clé, la base du développement pour tous. Il n’y a que
de cette façon avec les apports divers des uns et des autres que nous pourrons
relever les différents défis socio-économiques auxquels, nos pays en voie de
développement doivent faire face pour atteindre cette émergence, tant attendue.
Pour faire, non plus de cette émergence un fantasme, mais une réalité. Tous
autant que nous sommes devons apporter notre pierre à cet édifice. Le développement durable et inclusif est la
clé pour surmonter les défis socio-économiques. Travailler sur ces initiatives
comme la construction des infrastructures me permet d’apporter une contribution
tangible et durable à notre société ».
Dans l’arène politique
Femme engagée,
Maférima Diarrasouba, l’est aussi politiquement. Elle occupe le poste de
deuxième vice-présidente du Conseil régional de la Bagoué et Coordinatrice
adjointe du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix
(RHDP). Une façon, encore pour cette économiste dans l’âme, de prendre sa part à
tous les projets de développement susceptibles d’impacter durablement le
quotidien, la vie des populations en « contribuant
de manière significative à l’amélioration de notre société et défendre les
intérêts de ma communauté. »
Ces engagements multiples au
service du développement ont été salués par plusieurs distinctions dont :
sa décoration en tant qu’Officier de l’Ordre national en août 2013, la Star for Quality décernée par la Banque
interaméricaine de développement américaine (BID) en juin 2015, la Best Quality Leadership Awards en 2018,
le 2e Prix d’excellence décerné par le Président de la République,
SEM. Alassane Ouattara aux meilleures entreprises pourvoyeuses d’emplois en
2019, Commandeur du mérite de la Solidarité en 2019 et Prix spécial de la
charité en 2024.