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MYRIAM TRAORE DOHIA

Directrice générale du Groupe IMAN’S HÔTEL

MYRIAM TRAORE DOHIA

Directrice générale du Groupe IMAN’S HÔTEL

DÉCIDÉE À FAIRE DU GROUPE HÔTELIER LE NUMÉRO 1 EN CÔTE D’IVOIRE

ELLE EST DANS LA DROITE LIGNE D’UNE PASSION GAGNANTE

TITULAIRE D’UN MASTER EN DROIT DES AFFAIRES, ELLE A FAIT UN CHOIX À DES ANNÉES DE LUMIÈRE DE SA FORMATION ET DE SON SAVOIR ACADÉMIQUE. DG DU GROUPE IMAN’S HÔTEL, ELLE AMBITIONNE DE FAIRE DE SON CONCEPT, UN LABEL INCONTOURNABLE EN CÔTE D’IVOIRE.

Même quand tous les indicateurs, noviciat, environnement, finances, sont tous au rouge, ce qu’elle a décidé de faire, envers et contre tout, c’est ça ou rien, rien ne l’arrête ! Et ce pari-là, elle l’a brillamment relevé mais avec ô combien le soutien inestimable de son premier partenaire : son époux. Car, rien ne prédestinait cette chalengeuse, titulaire d’un Master en Droit des affaires obtenu de haute lutte à l’université Pierre Mendès à Grenoble (France), à construire son avenir dans l’hôtellerie.

Retour au pays natal

Une fois, ce sésame en mains, de retour chez elle en Côte d’Ivoire, son entrée dans le monde du travail commence par des stages. Comme pour tout débutant, tout d’abord au service juridique de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) ; ensuite à la Compagnie de Distribution de la Côte d’Ivoire (CDCI. Mais voilà, le bureau ce n’est pas trop sa tasse de thé, et travailler pour une institution, ou pour quelqu’un d’autre qu’elle-même, non plus. Partir ! Voler de ses propres ailes, pour elle-même ; se sentir libre de brûler l’énergie en elle, d’aller à l’assaut du monde de sa passion. Elle en était fort convaincue.

Créer, s’inventer une vie, réaliser. Mais que faire ? Il ne lui fallait pas une rampe, mais un murmure, celui de monsieur, son époux, qui l’oriente vers l’hôtellerie.

         A nous deux, hôtellerie ! 

Un choix à des années-lumière de sa formation et de son parcours académique. Qu’à cela ne tienne ! Cet établissement ne sera pas un endroit quelconque, sans âme, comme il en existe tant en Côte d’Ivoire. Leur espace, ils le veulent certes convivial, mais surtout coquet et chaleureux.

Ce sera dans l’esprit du Bed and Breakfast (B&B), à l’image de ces petits hôtels parisiens au charme singulier : des lieux accueillants, à taille humaine, qui privilégient une atmosphère intime et confortable, loin de l’anonymat des grands établissements hôteliers. Quelques chambres seulement, des espaces cosy, mais surtout une identité forte, profondément enracinée dans l’histoire architecturale et l’art ivoirien, dans toute leur richesse et leur diversité.

Un projet 100 % ivoirien. Une âme 100 % ivoirienne !

En 2012, sur fonds propres et sans aucun apport extérieur, le moment tant espéré arrive enfin. Le rêve prend forme et devient réalité à Boundiali, terre d’origine de son époux. Pour donner vie au projet, le couple fait appel aux artisans locaux et baptise ce premier établissement Iman’s. En malinké, « Iman » signifie : « J’ai foi en Dieu ». Le « S » vient simplement apporter cette petite touche commerciale.

De la foi, justement, il leur en aura fallu. Car cette ambition est le fruit de leur sueur, de leurs sacrifices et de leurs renoncements. Pour atteindre leur objectif, ils s’imposent une véritable discipline de vie : voyages et plaisirs mondains sont mis entre parenthèses. Il faut se serrer la ceinture, se restreindre, renoncer à tout ce qui peut paraître superflu et rester entièrement focalisés sur l’essentiel.

Ainsi, malgré un contexte difficile, le couple tient bon. Un rêve, porté à bout de bras, commence alors à prendre racine sur les terres de Boundiali.

                                Avec foi

Nous sommes au lendemain de la crise politico-militaire que le pays a connue de 2010-2011. L’environnement des affaires se révèle extrêmement difficile. Les investisseurs s’en vont voir sous d’autres cieux. La Côte d’Ivoire n’est plus des petits papiers des agences touristiques mondiales. L’indice de sécurité est mauvais. La destination Côte d’Ivoire effraie plus qu’elle n’attire. L’économie est en berne et les Ivoiriens se cherchent. Boundiali, dans des conditions de vie rendues précaires, parce que sans eau ni électricité, ressent plus fortement les secousses de ce marasme, situé notamment en zone CNO (Centre-Nord-Ouest), où l’Etat est quasi inexistant. Malgré tout ce contexte négatif, Myriam et son époux, armés de leur foi, ne désarment, s’accrochent comme à une bouée comme si toute leur vie en dépendait et décident de continuer, vaille que vaille, leur rêve. Ils s’offrent même le luxe d’embaucher des jeunes novices, qui n’ont pas fait de grandes études dans de prestigieuses universités ou qui n’ont pas un grand niveau scolaire.

L’un de leurs objectifs : mettre cette jeunesse au cœur de leur aspiration. Une décision qui, aujourd’hui, les rend fiers pour avoir su les former, leur inculquer non seulement l’amour de l’hôtellerie, un monde exigeant, mais aussi et surtout l’amour du travail bien fait.

                       A cœurs vaillants…

Plutôt que de subir l’éloignement et les difficultés du pays, les Traoré-Dohia ont choisi d’en faire une force. À Boundiali, ils ont contribué à l’électrification de la zone, construit un forage accessible aux riverains et investi, sou après sou, près de 250 millions de FCFA dans leur établissement. Leur principe demeure immuable : payer les salaires, quelles que soient les circonstances.

Portés par cette vision, ils ont ensuite étendu le concept familial Iman’s à Dabou, puis à Daloa, Kolia et Duékoué. Leur ambition est claire : implanter Iman’s partout en Côte d’Ivoire et en faire une référence de l’hôtellerie familiale.

Quand la volonté est grande, les rêves finissent toujours par prendre vie.